A l'origine de toutes les religions, on retrouve le même respect pour la terre, la nature.

 
Jamais une religion ne prêchera que l'homme est égal à Dieu et doit dominer la nature.

La soumission à la nature est commune à toutes les civilisations.

 

Tout autour d'eux la nature s'offrait en spectacle,  les Indiens surent la respecter et l'aimer.


Ils surent l'écouter avec assez d'humilité pour découvrir les liens qui unissent les animaux, les hommes et les plantes. Des liens secrets que la tradition a su conserver jusqu'à aujourd'hui.

" Les Indiens vivaient en communion avec la nature. Pour eux, il y avait des esprits dans les arbres, des esprits dans les plantes, des esprits dans les fleurs."

C'est ce que les Catholiques ont voulu détruire. Notre peuple a été détruit et martyrisé au- delà de la limite. Un véritable holocauste."

 

 

Leur vie est rythmée par les fêtes religieuses.


Le masque est l'élément central de la danse. Lorsque le danseur le porte, il oublie pour un temps sa personnalité et se dévoue totalement à l'esprit qui l'envahit.
" Les rites et les danses des Indiens expliquent toute l'importance qu'ils accordent à leurs racines, aux liens qui les lient à l'environnement. Les Indiens sont beaucoup plus soucieux de la dimension spatiale que la dimension temporelle ou historique. Ils tiennent toujours à célébrer le lieu qui a vu naître le clan ou l'endroit qui lui a permis de se développer. "

Certaines tribus ensevelissaient leurs morts avec tous les objets qui leur avaient appartenus tels que leurs bijoux, leurs armes, leurs poteries.
" L'inhumation était perçue comme l'accomplissement du cycle humain. L'homme était né de la terre et à sa mort, il retournait là d'où il venait. La terre est perçue comme la mère nourricière. L'homme et la nature sont liés. Le même sang irrigue ses fils."

Les Mounds ( immenses nécropoles recouvertes de terre) bâtis par les Indiens du Mississippi sont des tombes collectives énormes. Ce sont des tombeaux reproduisant la forme du ventre d'une femme enceinte. C'est une façon d'honorer la maternité.

"Après la mort, nous choisissons la forme sous laquelle nous voulons revenir en devenant un esprit. L'un dira : j'aime les arbres, il dira: " je serais un cèdre et la tribu pourra se servir de moi. Un autre qui aime marcher dans la montagne dira: " je vais me transformer en cerf comme ça, ils pourront utiliser mes bois, mon cuir, mes sabots, manger ma chair". Tous les esprits reviennent ainsi sous une forme ou une autre. Et l'important pour eux, c'est de servir aux autres générations car nous faisons partie d'une même famille. Quand on s'aventure dans les grands espaces, on se retrouve parmi nos frères et soeurs qui veillent sur nous. La nature nous aime, elle nous a toujours aimée."

" Si je devais changer quelque chose, je m'adresserai aux occidentaux et je leur conseillerai de réfléchir à leurs erreurs et  je leur dirai qu'au lieu de nous acheter des plumes, des filtres magiques ou des objets sacrés qu'ils aillent se ressourcer à leur propre histoire."

Aujourd'hui les Indiens sont catholiques et protestants mais la majorité ont gardé un profond respect pour certains lieux sacrés. Ils associent encore des croyances de leurs ancêtres à leur religion. Ils pensent que Jésus est le soleil par exemple.

Les Indiens ont toujours honoré le cercle, symbole de l'éternité c'est la forme sous laquelle ce sont tenus les conseils des anciens. C'est la forme du soleil et celle de leur tente, les tipis.

" Tout notre pouvoir provenait du cercle sacré. Tant que le cercle n'a pas été rompu notre peuple prospérait comme un arbre en fleur. Il se tenait en cercle et tira sa vitalité des quatre quartiers du cercle.
L'Est lui assurait la lumière et la paix.
Le Sud lui donnait la chaleur
L'Ouest lui donnait la pluie
Le Nord grâce au vent vivifiant lui assurait la force et l'endurance."

" Les Indiens considèrent le tipi comme un don de Dieu. Parfois lorsque vous regardez l'horizon après l'orage, vous voyez un arc-en-ciel à l'Est et des rayons de soleil à  L'Ouest.
C'est comme si la terre était tenue par des fils qui tissent un manteau pour réchauffer les hommes. Quand les Indiens ont vu ceci, ils ont dit : " Faisons notre maison à cette image. "
Le tipi est sans doute l'objet le plus important de notre culture. Il faut que nous soyons aussi solides que les pieux de nos tipis, ils penchent, ils fléchissent mais ils tiennent bon malgré tout."

 

Chaque tribu avait sa langue, ses traditions, son organisation sociale. Mais toutes entretenaient avec la nature le même respect et le même amour filial.
" Les animaux, les plantes et les hommes étaient frères de sang. Les Shamans ( sorciers ) connaissaient tous les secrets de l'univers. Ils veillaient à ce que l'harmonie du monde soit respectée."

Pour communiquer entre eux, les Indiens ont convenu d'une langue que tous comprennent : la langue des signes.
Chaque tribu avait son signe particulier qui lui permettait de se présenter. Mais curieusement les identifications tribales  étaient précédées du geste signifiant indien : ils se frottaient deux fois la main d'avant en arrière. Puis ils se présentaient:
Les Comanches imitaient le glissement des serpents.


Les Cheyennes faisaient le geste de se couper les doigts.

Les Corbeaux imitaient le vol des corbeaux.
Les Pawnees faisaient le signe V.
Les Nez-Percés passaient l'index sous le nez.
Ils pouvaient ensuite discuter, commercer. C'était surtout une langue imitative fondée sur l'imitation de l'objet dont on parle.
Au fur et à mesure, les Indiens y ont rajouté un niveau symbolique.
" Nous ne voyons pas le monde comme vous le voyez et cela est dû à la langue qui structure notre pensée. Si vous vous servez d'une langue où cette distinction entre vivant et mort n'existe pas mais où la différence est entre animé et inanimé alors tout vous paraîtra vivant. Le monde est vivant autour de nous."

 

 

Le langage des signes n'a cours que chez les Indiens des plaines.
Ceux-ci commercent beaucoup ensemble et doivent trouver un moyen commode pour se comprendre, négocier, acheter et vendre.
Au début du siècle, le développement de l'anglais chez tous les peuples autochtones d'Amérique du Nord fait tomber la barrière de la langue et rend complètement caduque ce mode de communication.

La Peinture sur les visages et les corps est une pratique qui réunit communication sociale et liberté individuelle d'expression. Voici quelques exemples : J'ai  déjà tué un ennemi - j'ai accompli un exploit héroïque - Je pars pour la guerre - Je suis en deuil - Pour qu'une pluie arrose le maïs.
La tradition du maquillage continue aujourd'hui dans les réunions . Là, l'Indien en dansant fait le lien entre son passé tragique et son avenir incertain.
Plus de mille réunions se tiennent chaque année aux Etats- Unis. On vient y danser, y concourir pour des prix, se rencontrer entre tribus, dans le chant, la danse et la fête.

Maisons, costumes, coiffures, artisanat, alimentation, chaque tribu indienne élabore son propre savoir-faire qui témoigne de l'originalité de sa culture et porte une signification précise.
Chez les Indiens existe  une division stricte du travail. Certaines tâches sont réservées aux  femmes : telle la cuisson du pain au four . Par contre l'homme chasse et construit .
Par exemple une loge à sudation qui est recouverte d'une toile afin de conserver les vapeurs des pierres chaudes aspergées d'eau. Les vapeurs soignent, permettent de dialoguer avec les esprits, d'obtenir des visions.
Ces coutumes ne peuvent subsister aujourd'hui que dans les réserves.

AAD