Mon Extermination.

 

Chasses à courre, pièges, appâts, poisons, fosses, battues... de tout temps, l'accueil réservé au loup est celui d'un animal nuisible. Il n'est épargné dans aucune contrée d'Amérique ou d'Europe.

En France, crée en 1520, les louvetiers sont rétribués par le roi. En 1789, on octroie à tout manant le droit de traquer l'animal par tout moyen et pour son propre compte. Il vivait encore sur 90 % du territoire il y a deux siècles. Mais toute la population rurale est liguée contre le loup. Une loi nationale de 1882 déclare la guerre aux meutes. Entre 1818 et 1929, 18.709 loups sont tués, une grosse prime étant offerte pour chaque dépouille. La disparition du loup en France est officiellement annoncée en 1939. Aujourd'hui, la destruction de l'espèce est enrayée, mais la situation reste préoccupante. S'il est encore commun dans l'Est, le loup a disparu de 11 pays d'Europe.





Ma Résurrection.

L'Espagne, où la population des loups est en expansion et compte 1.500 spécimens, se réserve un droit de régulation quantitative. Ils sont 500 en Grèce, 400 en Italie, moins de 100 en Norvège, Suède et Finlande. Deux loups, qui ont traversé la frontière, sont réapparus en France en 1992 dans le massif du Mercantour! Le W.w.f. Italia lance le "progetto lupo" en 1975. Le loup est alors classé parmi les espèces protégées. Sa population augmente enfin dans l'arc Apennin, puis dans les Alpes en 1991. La France a ratifié la Convention de Berne qui, depuis 1979, protège totalement le loup dans son habitat naturel et encourage sa réintroduction. Le loup est également inscrit en annexe 2 de la Convention de Washington sur le commerce des animaux. Son exploitation est autorisée, mais elle ne doit pas nuire à sa conservation. On compte au moins 12 loups français en 1996, répartis en deux meutes. Mais ses ennemis sont encore nombreux. Les bergers en colère demandent l'éradication du nuisible (100 moutons dévorés en 1994). Les chasseurs exigent un contrôle strict de la population des loups qui leur "vole" le gros gibier. Des chiens de montagne des Pyrénées (patou) sont donnés aux bergers pour garder ces troupeaux, des filets de protection sont installés pour les protéger et des cabanes servent de refuge aux bergers, indemnisés pour chaque animal tué. Mais le loup s' attaquant plus volontiers aux animaux faibles, malades, jeunes ou vieux, il revitalise, régule et soigne ainsi les populations d'ongulés, tel un véritable "vétérinaire naturel".

 

 

Mes Caractéristiques

HABITAT.

D'une remarquable capacité d'adaptation, le loup peut vivre dans presque tous les environnements et climats où il trouve nourriture et tranquillité: forêt, taïga, toundra, plaine, montagne. Seul le désert et la forêt tropicale ont arrêté son expansion vers le sud.

"LOOk".

Le "Canis lupus" est le plus grand spécimen des canidés. Il mesure entre 100 et 150 cm de long et atteint 80 cm au garrot grâce à ses très longues pattes. De 12 à 70 kg selon les espèces, le mâle est plus gros que la femelle.

Pendante, touffue et noire à son extrémité, sa queue peut mesurer 35 cm. Sa position perpétuellement basse le différencie du chien au premier coup d'oeil. Les louveteaux ont un pelage laineux foncé, qu'ils perdent rapidement. Sa couleur varie du blanc au roux et du brun au noir, mais reste pâle sur le ventre.

COURSE.

" C'est avec ses pieds que le loup mange ", rappelle un proverbe russe. Solides, longues et musclées, les pattes reposent sur cinq doigts pourvus de coussinets et lui permettent de pratiquer la chasse poursuite en tout terrain. Les griffes, non rétractiles, sont en croissance continue. Pendant la chasse, le prédateur a une vitesse de 70 km/h et fait des bonds de 5 mètres.

DENTITION.

La mâchoire du loup est puissante avec une pression de 15 kg/cm2. Ses 42 dents sont robustes et pointues. Ses incisives, petites, servent à nettoyer les os. Ses 4 canines (ou crocs) peuvent mesurer 6cm et perforer cuirs et peaux les plus épais. Les grosses prémolaires carnassières brisent facilement le fémur d'un élan adulte. Au bout de dix ans, les crocs sont usés, le loup ne peut plus s'alimenter et finit par mourir de faim. Le loup vit de 8 à 16 ans, et jusqu'à 20 ans en captivité.

UNE VISION DE NUIT PARFAITE.

Le regard ensorcelant du loup est dû à ses yeux plantés en oblique, dont l'iris est ambré ou blanc bleuté et réfléchit la lumière. Nyctalope comme les chats, le loup a une vision de nuit parfaite. De jour, sa vue est surtout adaptée à détecter les mouvements, mais sert peu à la chasse.

UNE OUIE ET UN ODORAT EXCEPTIONNELS.

Ses oreilles écartées et dressées s'orientent comme des antennes radar. Il est capable de reconnaître le hurlement d'un compagnon à 8 km de distance. Il détecte l'odeur d'un orignal à 300 mètres, et même davantage sous vent favorable.

CHASSE ET NOURRITURE.

Le loup quitte sa tanière, surtout la nuit, pour chasser. Nez au vent, oreilles dressées, il analyse les odeurs. La proie est traquée sans répit, encerclée avant d'être mise à mort et dévorée sur place. Les restes sont enterrés en réserve, ou rapportés à la femelle demeurée auprès de ses petits. Un loup mange de 8 à 10 kg de viande par repas. Sa digestion est si rapide qu'après une bonne sieste il est prêt à s'alimenter à nouveau dans l'heure qui suit. Mais neuf fois sur dix, le loup rentre bredouille et peut jeûner plusieurs jours de suite sans trop souffrir.

 




Ma vie dans la Meute.

Notre comportement.

 

Le loup aboie, grogne, gronde, jappe et hurle. Le plus caractéristique de ces cinq cris, le hurlement, s'entend à 8 kilomètres de distance pendant parfois plus de onze secondes! Chacun dispose d'un timbre de voix particulier et peut émettre plusieurs sons de voix pour faire croire à un plus grand nombre. Les yeux clos, le museau pointé vers le ciel, par leur hurlement les loups signalent leur présence aux meutes voisines ou se rassemblent avant de se mettre en chasse. C'est ainsi que les Esquimaux savaient quand le gibier était au rendez-vous. Il aboie pour alerter ses congénères, grogne pour exprimer son désaccord. Lors de retrouvailles, à coups de langue, frottements, agitation de la queue, les loups manifestent leur amitié en jappant joyeusement. La hiérarchie impose au loup d'un rang inférieur une attitude respectueuse envers le mâle dominant soumis et craintif, il s'avance les oreilles baissées, la queue entre les pattes, s'accroupit et lui lèche le museau. Ce dernier, dans une posture de domination, reste immobile, oreilles dressées, la queue levée et la crinière hérissée, fixant le dominé de ses yeux jaunes. Pour affirmer leur territorialité, les loups laissent des messages odorants par des glandes situées sous leur queue. L'urine et les excréments du couple dominant marquent les frontières du territoire, qui s'étend de 100 à 1.000 kilomètres carrés. Les frontières sont le théâtre de combats sanglants lorsque deux meutes s'y croisent Mais les loups, avertis par les odeurs, évitent le plus souvent de s'aventurer dans ces environs hostiles. La meute est régie par un ordre social strict et durable qui accepte rarement un loup étranger. En principe, sa cohésion et sa survie dépendent de ce couple fondateur qui fait régner l'harmonie moins par son âge, sa force ou son agressivité que par sa conduite déterminée. Respecté, le couple dominant décide des directions et des déplacements, veille à la sécurité du groupe, dans le respect d'une hiérarchie établie, construite sur les qualités de chacun. Celui qui ose contester ces règles ( fait excessivement rare) doit quitter la meute. Ce marginal rejoindra les loups solitaires, jeunes ou à la recherche d'une femelle. Mais si une décision du chef est unanimement contestée, celui-ci devra se soumettre.



Ha !!! Ces Amours...

 

A la fin de l'hiver vient la saison des amours. Le couple privilégié est le seul à se reproduire. La femelle dominante n'a pas de rivale pendant ces trois semaines elle émet une sécrétion qui inhibe l'excitation des autres femelles, leur interdisant ainsi de devenir désirable. Le mâle n'a donc aucun mérite à être fidèle. Bouleversant la vie de la meute, ce droit est parfois revendiqué par un autre mâle qui entre en compétition et défie le maître pour devenir le géniteur. Généralement, à moins d'en arriver à des affrontements violents, à l'exclusion ou à la mort, le trouble-fête ne fera que différer l'accouplement Mais si son compagnon est absent, la femelle n aura aucun scrupule à s'accoupler avec un autre mâle. Le centre de la famille est donc constitué par la femelle dominante. Les autres membres de la meute participent aux expéditions de chasse et à l'éducation des louveteaux. Le loup et la louve se choisissent et se courtisent avec une étonnante tendresse. Les rituels amoureux sont très expressifs baisers, mordillements, petits coups de langue. La louve se frotte contre le mâle, pose ses pattes sur son dos et sa tête sur ses épaules. L'accouplement a lieu deux ou trois fois par jour pendant toute la saison des amours. Quelques semaines avant d'accoucher, la louve prépare plusieurs tanières à proximité d'un point d'eau. Elle enterre des provisions de viande. Après 61 à 63jours de gestation, elle met bas une portée de quatre à sept louveteaux qu'elle allaitera de ses huit mamelles pendant trois semaines. Aveugles et sourds à la naissance, ils sont tous noirs, pèsent entre 300 et 500 grammes et couinent à la recherche de lait et d'une source de chaleur. Postés aux alentours, à l'entrée de la tanière, le mâle et sa meute montent la garde avec une application et une patience de nourrices. Les petits ouvrent les yeux au bout d'un mois et, à partir de 7 mois, suivent la meute à la découverte du monde. Le petit lutte pour survivre, apprenant les lois de la vie dans les jeux avec ses frères et soeurs. Mais jusqu'à 10 mois, 50 à 80% d'entre eux trouvent la mort, victimes des aigles et des grands ducs. A cet âge, les survivants ont atteint leur taille définitive et prennent place dans la hiérarchie. L'harmonie règne alors jusqu'à la prochaine saison des amours. La femelle, mature à 2 ans, et le mâle à 3, se mettent à la recherche d'un territoire et d'un(e) partenaire pour fonder leur propre meute.