Le Loup d'Europe ( Canis lupus lupus )



Ce loup vit dans des habitats très divers, de la steppe chinoise aux régions récemment re colonisées du Brandebourg, en Allemagne.
Grâce aux chiffres fournis par les pays qui tiennent le compte de leurs animaux à des fins de recherche, de chasse, de piégeage ou d'extermination, on a pu estimer les effectifs à environ cent mille animaux. C'est l'homme qui a fourni au loup une aire de répartition aussi vaste en le repoussant dans les zones les plus reculées de Russie, du Kazakhstan et de Mongolie.

La législation, les règlements de chasse, le statut d'animal nuisible, l'attitude générale vis à vis des loups et la compensation des dommages varient beaucoup suivant les pays. Cette situation représente une menace certaine pour le loup, qui ne comprend que les frontières marquées par l'urine.

Pour survivre, le loup a désespérément besoin de trouver des corridors de passage reliant les divers pays, avec un habitat adéquat.
La fragmentation de son habitat l'oblige à traverser des zones habitées où le loup peut être tenté de pénétrer dans l'enclos où il risque de se faire tirer au fusil.

Dans certains pays d'Europe, les loups ont bénéficié de la révolution écologiste et de l'évolution des mentalités. Mais rien n'égala les bouleversements enregistrés en Croatie. L'opinion sembla passer d'un désir de persécution à un désir de protection en 1994, qui fut déclarée, année du loup. Des campagnes d'information sont de plus en plus fréquemment mises en place en Europe.
Les populations de loups doivent être gérées pour minimiser les risques de conflits avec l'homme.

En outre, le loup est en train de reconquérir des anciens bastions d'Europe occidentale, où il était autrefois sauvagement pourchassé.


Caractéristiques :

Le loup d'Europe est presque identique à celui des plaines d'Amérique du Nord, tant par sa taille que par son comportement.

Il mesure quelque 76 cm au garrot et le mâle pèse de 32 à 59 kg; les femelles sont plus petites de 20% environ.
La fourrure, de couleur très variable, adopte tous les mélanges de blanc, de crème, de rouge, de gris et de noir.
Les jeunes, en moyenne six par portée, naissent vers la fin d'avril ou au début de mai. Dans le sud de leur aire de répartition, en Espagne par exemple, les loups vivent en plus petits groupes, de un à trois animaux.
ils se nourrissent essentiellement de cerfs élaphes, de chevreuils et de sangliers.
La densité moyenne dans ces régions est de deux loups pour 260 kM2. En revanche, les meutes sont plus nombreuses et les territoires plus vastes dans les régions septentrionales où les loups se nourrissent d'animaux nomades comme les élans et les rennes, le territoire pouvant alors atteindre 2.600 kM2 dans le grand Nord. Parmi les autres proies, citons les mouflons, chamois, lièvres, antilopes saïgas et les animaux domestiques.

Le Loup d'Arabie ( Canis lupus arabs )



Lieu de vie  et effectifs :

Le loup d'Arabie occupe l'ensemble de la péninsule Arabique et l'on a récemment aperçu des loups dans des zones protégées proches de la frontière jordano-irakienne. Certains spécialistes estiment que les loups du sud d'Israël appartiennent à la sous-espèce Canis lupus arabs.

Le premier inventaire des loups d'Arabie a été effectué par des spécialistes à la fin de l'année 1991. De nos jours encore, les bergers pendent des carcasses de loup aux arbres ou aux poteaux pour se venger de ce prédateur qu'ils accusent de décimer leurs troupeaux. Les premiers résultats indiquent que la population serait stable et largement répartie, les effectifs se situant entre six cents et sept cents animaux.


L'avenir du loup d'Arabie n'est pas assuré. Sa présence est très mal acceptée par les paysans et par les bergers qui le tirent à vue ou l'empoisonnent à la première occasion. Les chiffres des déprédations sont rares et aucune réglementation ne prévoit de compensations. La Commission nationale pour la préservation de la faune et de la flore sauvage et pour le développement de l'Arabie saoudite essaie actuellement d'inscrire le loup sur la liste des espèces menacées, ce qui entraînerait la mise sur pied d'un plan de gestion afin d'assurer son maintien.

Caractéristiques :

Physique :
Le loup d'Arabie est la plus petite et peut-être la plus mal connue des sous-espèces. Il pèse environ 18 kg et mesure 66 cm au garrot.

Portrait : un loup poids plume

 

Male

Femelle

 

19,5kg (à 5 ans)

14kg

 

Pour 1,31m de long

1,15m de long

 



Son pelage clair facilite le camouflage dans le désert. Sa fourrure, très mince, est adaptée aux dunes de sable d'Arabie, l'une des régions les plus chaudes de la planète. Ses oreilles sont assez grandes par rapport à celles des loups plus nordiques, ce qui améliore l'ouïe, mais permet aussi d'évacuer la chaleur et donc de rafraîchir l'animal.

Reproduction et meute :
La saison des amours a lieu en janvier et février, les naissances survenant deux mois plus tard, par portées de cinq ou six louveteaux. Ces loups du désert ne semblent pas manifester l'esprit d'équipe de la meute et on les voit souvent chasser en solitaire ou en couple.

Chasse :
Dans le désert, les animaux domestiques ou sauvages sont obligés de vivre près des rares points d'eau, ce qui donne au loup l'occasion de chasser aussi bien le bétail que les lièvres, les rongeurs ou les ongulés sauvages. Le loup d'Arabie fourrage également dans les décharges d'ordures ménagères et se nourrit des cadavres d'animaux tués sur les routes, ainsi que de carcasses de bétail.

Un animal nocturne :
Au plus chaud du jour, le loup creuse pour s'enterrer dans le sable, plus frais. Il est de moeurs essentiellement nocturnes, sauf pendant les mois d'hiver, où il fait moins chaud et où on le voit souvent dans la journée.

Le Loup de l'Arctique ( Canis lupus arctos )



Le loup de l'Arctique vit dans un environnement difficile et inhospitalier. Le loup de l'Arctique subsiste sur les grandes îles de l'océan Arctique situées au nord de 70' de latitude on peut constater que beaucoup d’informations sur lui nous viennent d'observations estivales. Leurs activités hivernales, qui ont souvent lieu dans une nuit presque totale, restent secrètes.

Le froid ambiant a empêché la domestication de leur territoire par l'homme et donc leur persécution. Contrairement à beaucoup d'autres sous-espèces, le loup de l'Arctique n'est pas menacé.

A l’inverse des Loups du sud qui ont souffert de la civilisation, on pense que le canis lupus arctos continuent de parcourir 95% de leur aire de répartition d’origine.

Caractéristiques :

Il se reconnaît facilement, car c'est la seule sous espèce à porter une épaisse fourrure presque blanche, laquelle est un parfait camouflage dans la neige et tient l'animal au chaud par des températures polaires.

Les loups de l'Arctique ont les oreilles un peu plus petites et plus arrondies que celles des autres sous espèces, et leur museau est légèrement plus court. Ces adaptations, ainsi que le fait que les pattes soient un peu plus courtes, limitent l'exposition des extrémités au froid.

Le loup de l'Arctique pèse souvent plus de 45 kg : plus la masse corporelle est élevée, plus la chaleur est conservée. Les loups peuvent, supporter des températures qui descendent souvent au-dessous de -57° C, sous un vent incessant

L’observation rapprochée du loup de l'Arctique a fourni l'exemple de bien des comportements jusqu'alors inconnus et qui sont également applicables aux autres sous-espèces.

Le loup de l'Arctique vit dans une zone où les proies sont rares : il lui faut donc un territoire vaste, de plus de 2.600 kM2 dans bien des cas. La densité des populations est donc faible sur les 6 millions de kM2 de la zone concernée.

Sur les îles de la Reine-Élisabeth, situées au-delà de 740 de latitude, vivent environ deux cents loups, tandis que, dans la partie méridionale de l'Arctique, y compris dans certaines zones de l'île de Baffin, les effectifs sont estimés à environ trois mille deux cents animaux. Un peu de neige tombe sur les terres désertiques du haut Arctique, en quantité suffisante pour faire pousser de l'herbe qui nourrira quelques espèces, futures proies du loup: caribous et petits troupeaux de bœufs musqués, lièvres de l'Arctique, lemmings et quelques oiseaux.

La cohésion sociale et l'entraînement aux techniques de survie sont particulièrement manifestes chez ce loup. Les portées comptent de un à six louveteaux, qui naissent un peu plus tard que leurs cousins du Sud, généralement vers la fin du mois de mai. Lorsque ceux-ci sortent de la tanière, à l'âge de trois semaines, toute l'activité sociale de la meute se concentre autour d'eux. Les jeunes de un an leur servent de camarades de jeu, tandis que les autres partent chasser. Les louveteaux jouent avec leurs congénères près de la tanière, à des jeux de plus en plus vigoureux pour se faire les muscles et tester les réflexes nécessaires à leur survie. Les adultes rapportent de la nourriture, dont les louveteaux les plus agressifs prennent la plus grosse part. On trouve beaucoup de restes d'animaux autour de la tanière, restes qui sont autant de jouets pour les louveteaux. Tous les mouvements ou comportements nouveaux qu'ils apprennent améliorent leurs chances de survie.

Le Loup de la Toundra ( Canis lupus albus )



Situation de la population :

Dans l'ancienne Union soviétique, une corrélation existe entre les fluctuations des populations de loups et les périodes de chaos social.
Les populations sont actuellement en progression, car elles bénéficient des bouleversements socioéconomiques. La pénurie d'essence, par exemple, empêche de chasser les loups par hélicoptère, et la production de poison a été interrompue.
Cette situation est favorable aux loups, surtout à ces loups du Nord très vulnérables à la chasse aérienne sur le paysage désolé de la toundra. La chasse par hélicoptère avait poussé certains loups vers le refuge de la taïga, en zone boisée, où ils se sont croisés avec la sous-espèce méridionale, Canis lupus lupus.
La population de loups de la toundra eurasienne est considérée comme tout à fait viable, bien que le loup n'habite plus qu'un territoire représentant entre 50 et 70 % de son ancienne aire de répartition. Dans une grande partie de cette région, les loups sont considérés comme nuisibles et fort peu d'efforts sont faits pour changer les comportements. L'exploration pétrolière progresse sans aucun ménagement pour l'environnement, ce qui pourrait avoir des effets désastreux sur la faune et la flore sauvages, y compris sur le loup de la toundra eurasienne.

Lieu de vie :

Le loup de la toundra eurasienne vit sur les franges de terre, le long de l'océan Arctique, au-delà de 650 de latitude. Ces loups ont été éliminés de certaines îles de l'Arctique, comme l'île Wrangell, au nord de la Sibérie. Mais comme les proies sont rares sous ce climat septentrional, les loups maraudent par petits groupes en parcourant de très longues distances en terrain découvert sur la majeure partie de l'Arctique eurasien.
Les chercheurs disent qu'il y a de un à dix loups pour 1.600 kM2.

Nourriture :

On pense que la Russie accueille les deux tiers de la population de rennes du monde, domestiques ou sauvages. Le renne représente l'essentiel de la nourriture du loup, avec le phoque de la Caspienne et le lièvre de l'Arctique.

Caractéristiques :

Contrairement au loup de l'Arctique, ces loups ne sont pas tout blancs ou crème. La majorité porte une fourrure plus traditionnelle : gris mélangé à certains tons bleu argenté.
Le loup de la toundra est grand : les adultes pèsent de 34 à 65 kg et mesurent de 71 à 97 cm au garrot

Le Loup des Indes ( Canis lupus pallipes )



Lieu de vie :

Ce petit loup de couleur claire vit dans certaines régions de l'Inde, de Turquie, d'Iran et d'Israël. Comme c'est le cas pour la plupart des loups, son aire de répartition consiste en de petites poches de terres aux abords des zones civilisées.

Ce loup vit dans des zones herbeuses arides ou semi-arides et pénètre rarement en forêt. Au nord, dans une région de steppe, le loup des Indes est plus grand et vit en meutes plus nombreuses sur des territoires plus vastes que ses congénères des régions méridionales arides.

Caractéristiques :

C'est l'une des plus petites sous-espèces de loup gris : il pèse entre 18 et 25 kg et mesure de 46 à 76 cm au garrot. Il ressemble beaucoup au loup rouge d'Amérique du Nord, autant par la taille que par la forme du crâne.

Les loups sont plus petits dans le Sud, et leur taille augmente progressivement vers le nord, où ils ont aussi tendance à porter une fourrure plus sombre.
Les portées sont de six louveteaux en moyenne, qui naissent en décembre ou janvier.

Une étude effectuée dans le parc national de Velavadar, en Inde occidentale, a constaté que les loups qui chassent des proies sauvages, telles les antilopes cervicapres, forment des meutes de six à quatorze animaux, tandis que les loups qui tuent le bétail forment des meutes moins nombreuses (de un à quatre individus).Les louveteaux sont déménagés trois ou quatre fois vers d'autres sites de repos avant de commencer à suivre la meute, vers l'âge de six mois.

Il a été rapporté que cette petite sous-espèce hurle rarement, ce qui est peut-être une adaptation comportementale, l'homme ayant ainsi plus de mal à repérer les loups, ou peut-être les loups sont-ils si peu nombreux que les territoires sont mal définis.

Recensement et protection :

En Inde, le loup figure sur la liste des animaux en danger, mais, malgré cette inscription sur les listes rouges, il est très peu protégé et il est difficile de poursuivre ceux qui ont tué un loup.

On pense qu'environ quinze cents loups vivent dans le désert et dans la zone de brousse de l'ouest de la péninsule indienne, dans des parcs naturels et dans les vastes zones désignées comme sacrées.
En Inde, on prétend que les loups enlèvent les enfants et que des hommes, brutalement disparus, ont été tués par les loups. Les rumeurs de ce genre et le fait que les loups tuent le bétail constituent un sérieux obstacle aux processus de conservation. Les loups doivent probablement leur survie dans ce pays si peuplé au fait que la religion y tolère toutes les formes de vie et que les armes à feu y sont rares.



Le Loup des Plaines ( Canis Nubilus )



Mœurs :

Le Loup des plaines est un grand voyageur.
Un d'entre eux fut suivi à 886 km de son aire d'origine, au Minnesota. Ils peuvent quitter la meute d'origine à n'importe quelle époque de l'année, mais se dispersent plus fréquemment en hiver et dans le courant du mois d'avril.
Dans le Minnesota, 80 % des proies du loup sont des cerfs de Virginie. Plus on progresse vers le nord plus le loup des plaines attaque l'élan et le caribou, tandis que, dans les régions occidentales, c'est le wapiti et le bison.
Cette sous-espèce de loup, comme la plupart des autres, ne peut vivre que dans un environnement ou la densité de la population humaine est faible et milieu fournit couvert et nourriture pour lui-même et ses proies. Mais le loup vit aussi bien dans la prairie ou dans les forêts de feuillus.

Caractéristiques :

La femelle adulte pèse entre 29 et 38 kg, tandis le mâle, qui est un peu plus grand, pèse entre 36 et 50 kg. La meute compte en moyenne six loups, mais on a trouvé des meutes de quinze individus

Le sort du Canis Lupus Nubilus

La majeure partie des renseignements sur le loup des plaines a été collectée depuis 1930 dans le Minnesota, où vit actuellement ce loup. Depuis les années 1960, cinq cents loups munis de colliers émetteurs sont suivis dans le nord-est de cet État, ce qui ne représente qu'une minuscule portion de l'immense aire de répartition de cette sous-espèce.
Ce loup est aujourd'hui absent d'une grande partie de son aire de répartition d'origine aux États-Unis, mais une population stable subsiste au Canada. En se retirant dans les zones les plus reculées, le loup des plaines a échappé de justesse au sort que lui avait réservé le programme d'extermination du gouvernement. En 1973, la loi sur les espèces menacées protégea complètement le loup et, en 1978, la population avait suffisamment progressé pour que le loup passe de la liste des espèces en danger à celle des espèces menacées.
Les effectifs de loups des plaines s'accroissent régulièrement d'environ 5 % par an depuis la fin des années 1970, et plus de deux mille deux cents loups vivent aujourd'hui sur le territoire du Minnesota.
Ils ont réussi à saturer la moitié nord de l'État et commencent à envahir des zones agricoles où ils s'en prennent de plus en plus souvent au bétail. Les loups vivent dans une région où sont élevés 350 000 bovins, 38 000 moutons et des milliers d'autres animaux domestiques.
En 1995, les agents du Département américain de l'agriculture, qui s'occupe des dégâts causés par les animaux, tuèrent ainsi 78 loups qui avaient attaqué le bétail. Il fut prouvé que les loups avaient effectivement abattu 147 animaux domestiques. Globalement, ces pertes ne représentent que moins de 1% des animaux vivant sur l'aire de répartition du loup.
En compensation, les fermiers reçoivent une somme d'argent de l'Etat. Ce programme fut salué comme représentant le meilleur compromis possible et sert de modèle aux autres États. Les loups ont progressé vers l'est et traversé les grandes routes vers le Wisconsin et le nord du Michigan, chacun de ces États accueillant actuellement de soixante-dix à quatre-vingts animaux.

Le Loup du Mexique ( Canis Lupus Baileyi )



Caractéristiques :

Le Loup du Mexique porte une longue crinière caractéristique qui souligne les couleurs vives de la fourrure, mélange de gris, de brun, de noir et de rouille sur le dos, le dessous étant fauve.
La queue, les oreilles et les pattes sont souvent noires.
Le loup du Mexique mesure environ 10% de moins que ses cousins du Nord; il ne pèse que de 23 à 41 kg et mesure de 71 à 81 cm au garrot. En captivité, les Louves mettent bas de quatre à six louveteaux en avril ou en mai, au terme de soixante-trois jours de gestation. Il s'agit de la sous-espèce la plus méridionale et la plus petite des loups gris d'Amérique du Nord est aussi la plus menacée.

Le sort du Canis Lupus Baileyi

Le loup du Mexique, aussi nommé par son nom espagnol de lobo, est généralement considéré comme éteint dans la nature, malgré quelques observations effectuées récemment dans la région reculée de la sierra Madre occidentale, dans le nord du Mexique.
Le lobo était autrefois abondant dans les régions montagneuses des États-Unis du sud-ouest et du Mexique central. Ce loup préférait les forêts de résineux et de chênes situées généralement au-delà de 1 000 m d'altitude, dites " îles du ciel ", plutôt que les déserts comme certains pourraient le croire. Cet habitat accueille également des cerfs à queue noire, des cerfs de Virginie, des pécaris, des lièvres et des wapitis, toutes proies potentielles du loup.
On ne peut qu'essayer de deviner quel est le comportement naturel du loup du Mexique, puisque l'homme avait détruit les populations naturelles encore intactes avant qu'il puisse être étudié. Lorsque les hommes se lancèrent dans l'élevage du bétail et commencèrent à s'approprier les proies du loup, les conflits se multiplièrent. En 1916, une agence fédérale fut créée, la Predatory Animal Rodent Control, avec pour mission essentielle l'extermination du loup du Mexique. En 1925, les populations avaient singulièrement décliné et s'étaient éparpillées. Le dernier loup du Mexique des États-Unis fut tué en 1970.

Les scientifiques pensent que les loups sauvages du Mexique avaient peut-être un comportement différent de celui des sous-espèces plus septentrionales, parce que les proies sont plus rares dans ce milieu plus chaud et plus sec. La majeure partie des observations biologiques enregistrées vient des trappeurs et des chasseurs qui persécutaient autrefois le loup.
Même son nom scientifique, Canis lupus balleyi, est un tribut au plus grand tueur de loups rétribué par l'État, Vernon Bailey.
En 1977, soutenu par la loi sur les espèces menacées, le gouvernement loua les services d'un ancien trappeur pour une tâche nouvelle : la capture de l'animal vivant. Roy McBride fut envoyé dans les États de Durango et de Chihuahua, dans le nord du Mexique, avec pour mission de capturer des loups vivants afin de fonder une population destinée à se reproduire en captivité à des fins de réintroduction. En trois ans, McBride ne put capturer que cinq loups. Ces animaux sont à l'origine des cent trente-neuf animaux maintenus en captivité dans les vingt et un centres créés aux États-Unis et dans les cinq centres ouverts au Mexique. Un plan de sauvetage du loup du Mexique est à l'étude et l'on est en train de choisir les zones possibles de réintroduction, de re colonisation et de redémarrage d'une population qui pourraient accueillir au moins cent animaux dans leur habitat d'origine, à moyenne et haute altitude. La population réintroduite recevra le statut de population " expérimentale, non essentielle ", comme pour les autres expériences de réintroduction de loups dans la nature. Cela permet d'obtenir une plus grande flexibilité dans la recherche et dans la gestion de la population.

Source Emouchet

Le Loup Rouge ( Canis Rufus )



Caractéristiques :

 

Le loup rouge doit son nom à son pelage brun-rouge qui permet de le distinguer de l'autre espèce, le loup gris, qui est plus grand.
Il pèse entre 23 et 32 kg et mesure de 51 à 81 cm au garrot. Il porte des oreilles plus grandes et plus proches que ceux des sous espèces qui vivent dans des climats plus chauds.
Il est plus petit, plus léger et a des pattes plus fines que le Loup gris. Il préfère les terres marécageuses, les forets de pins à longues épines et les prairies broussailleuses.
Le Canis Rufus a développé une aptitude particulière : il peut se dresser sur ses maigres pattes postérieures afin de scruter les prairies et les marécages à la recherche de lapins et de rats.

Il est de moeurs essentiellement nocturnes.
L'unité sociale de base est le couple, qui se reproduit une fois par an, chaque portée comptant cinq louveteaux en moyenne. Ceux-ci restent avec leurs parents jusqu'à dix-huit mois environ, âge auquel ils deviennent autonomes. Ils quittent alors leurs parents et vont délimiter leur propre territoire, une trentaine de kilomètres plus loin.
Le loup rouge vit sur un territoire d'environ 50 kM2 qui accueille également plusieurs espèces de proies, comme le cerf de Virginie, le raton laveur et le ragondin.

 

Le sort du Loup rouge :

 

Le Loup roux a été la victime de plus d'un siècle de chasse et d'empoisonnement par les cultivateurs et a par conséquent presque disparu aujourd'hui. A l'état sauvage, on le rencontre encore parfois dans de minuscules péninsules isolées du Texas et en Louisiane. En 1980, le sort du loup rouge paraissait scellé : il venait d'être déclaré éteint dans la nature. Officiellement, toute la zone sud-orientale des Etats-Unis avait perdu l'un de ses principaux prédateurs. Mais, dix ans plutôt, les scientifiques avaient exploré l'est du Texas et l'Ouest de la Louisiane à la recherche des survivants; Après nombre d'essais infructueux, ils réussirent à en capturer quatorze. Ils mirent alors les bouchées doubles pour sauver l'espèce, qui ne devait bientôt plus exister qu'en captivité. C'est ainsi que de nouvelles techniques furent mises au point pour rétablir un carnivore dans son milieu d'origine, tout en augmentant ses chances de survie à long terme. Il fallut apprendre aux loups à chasser, tout en leur enseignant la peur de l'homme. Les loups captifs, dits "fondateurs ", se sont reproduits, ce qui permit le lâchage en 1993 de quarante-deux loups sur des Iles côtières sud-orientales et sur deux sites continentaux, au terme de la phase expérimentale du projet. Le plan de sauvetage prévoit un suivi des populations et la poursuite de la recherche.
Les animaux réintroduits se sont reproduits et la troisième génération est actuellement en train de gagner du terrain dans les forêts, dans les marais et sur les terres cultivées du refuge naturel national de l'Alligator River, dans l'est de la Caroline du Nord, dans le Tennessee et dans le parc national des Great Smoky Mountains, sur la frontière entre les deux États.

La forte densité de population de cervidés fournit aux loups une nourriture abondante qui améliore leurs chances de survie. Le projet est un succès et l'on estime qu'en 1996 de cinquante-cinq à soixante-quinze loups rouges vivaient à l'état sauvage. Les ancêtres du loup rouge vivaient autrefois jusque dans l'Illinois, au Nord, et jusqu'au Texas, à l'Ouest. Leurs effectifs déclinèrent, les loups se trouvant décimés par l'homme, et l'on se demande encore s'ils ne furent pas contraints de se croiser avec les coyotes pour survivre, créant ainsi un hybride. À la suite de plusieurs tests d'ADN effectués en 1991, l'Office américain de la pêche et de la nature concluait que le loup rouge n'est pas un hybride, mais certains contestent ces résultats. L'espèce était mal connue jusqu'à la mise en oeuvre du projet de sauvetage qui permit d'élever des loups, de les munir de colliers radio émetteurs et de les relâcher dans la nature.

Au fur et à mesure de l'expansion des populations de loup rouge, les propriétaires des terrains deviendront les partenaires obligés du programme de sauvetage. Il faut en effet que les loups puissent continuer d'emprunter des corridors de contact entre populations afin de maintenir une diversité génétique aussi grande que possible. La réussite du projet dépendra peut-être plus du degré de tolérance que les hommes manifesteront vis-à-vis du loup que des moeurs de l'animal lui-même.